Petites péripéties d'un séjour en Asie de l'Est

vendredi 22 février 2013

Une vie en Corée




Enfin des vacances bien méritées après deux mois et demi de cours intensifs de coréen!
Tout d'abord, je voulais vous parler un peu de ces dits-cours. N'ayant suivi des cours qu'à Hankuk University of Foreign Studies, je ne pourrais juger que ceux-là, qui sont réputés pour être principalement concentrés sur l'oral et la communication entre les élèves et les professeurs.

Personnellement, je garderai un très bon souvenir de ces cours. Tout d'abord car j'ai toujours eu un intérêt pour les cultures étrangères, et que de me retrouver avec des jeunes des quatre coins du monde était vraiment une expérience unique. Malgré le fait que notre niveau de coréen était encore un peu trop faible pour discuter de sujets complexes et que certaines différences culturelles ou de croyances pouvaient nous éloigner, nous sommes parvenus tous ensemble à apprendre une langue étrangère et à s'en servir pour se connaître plus. J'ai aussi eu la chance d'avoir des professeurs pédagogues et motivants, et avec eux nous sommes souvent allés déjeuner ou aller voir des spectacles.

Bien que ce soit un institut et non une école, et qu'en conséquence l'ambiance et le fonctionnement soit différent, c'était l'une des premières fois depuis très longtemps où j'étais sincèrement heureuse de me rendre en cours le matin (malgré les -15° ambiants).

La classe de Lilas, 13 élèves, 11 nationalités!

En France, le gap year n'est vraiment pas quelque chose qu'on conseille aux jeunes, le fait de se dé-scolariser ne serait-ce que pour un an est presque une infamie pour certains, une vulgaire année sabbatique pour d'autres. Pourtant, je considère que passer un an séparé de tout ce dont on a été habitués jusqu'à présent est une étape très importante dans l'acheminement vers l'indépendance. Certes un peu brutal mais efficace. Malgré les moments durs, cela m'a permis de me rendre compte de ce que je voulais un peu plus dans ma vie, ou par exemple avoir un autre point de vue de ce que peut être réellement l'amitié et plus largement la confiance avec autrui. C'était une année dont j'avais vraiment besoin avant de commencer un nouveau cycle, celui de l'université en France.

J'ai passé tant de moments à regarder les paysages urbains de Séoul, au crépuscule, écoutant l'OST d'Arrietty, partageant ce quotidien fatigant, stressant, mais aussi enivrant des Coréens.
Je dois déjà choisir ce que je vais faire en France à la rentrée prochaine et c'est un crève-coeur. Même si j'ai hâte de faire mes études et que je ne m'imagine pas à l'heure actuelle les faire en Corée, il est difficile d'avoir construit quelque chose dans un pays que j'affectionne profondément, un cercle d'amis, un quotidien, des habitudes, et de devoir partir pour repartir de zéro en France, dans une ville qui m'intimide et dans laquelle je me sens plus étrangère qu'à Seoul-même.

Quand je reviendrai en Corée pour y vivre quelques années, je m'imagine plutôt vivre dans la province. Déjà car je suis une provinciale à la base, en France, mais aussi car Séoul est une ville enivrante certes, mais aussi agitée, violente parfois, superficielle, égocentrique. Comme toutes les capitales.



Hier, je me suis rendue à Insadong, Samcheongdong et Bukchon Hanok Village. Ici, point ou peu de buildings, et, si on s'éloigne un peu, un panorama et un soleil pâle qui m'a soulevée dans les airs l'espace d'un instant. Le bonheur à Séoul, c'est aussi ça, prendre son temps, car le temps à Séoul, est un don extrêmement précieux. Et, étant étrangère, j'ai la chance de pouvoir l'utiliser comme bon me semble, afin de voir et de ressentir toute la grâce, parfois dure à percevoir, d'une capitale en ébullition.

Mis à part mon léger pessimisme vis-à-vis de ma vie étudiante en France, je voulais parler de la vie en Corée, non pas d'un point de vue pratique mais d'un point de vue sensible.
Ces derniers jours, une réalité me frappe constamment : les Coréens sont des gens adorables. La gentillesse des gens ici m'a mis du baume au coeur ces derniers jours. Je pense aussi que c'est pour la simple raison que j'ose enfin leur parler en coréen. Ainsi, il est non seulement gratifiant mais beaucoup plus agréable d'entretenir une discussion, courte ou non.

Bukchon Hanok Village

Aujourd'hui, je voulais vous encourager à tester l'expérience coréenne. J'espère que comme moi vous aurez la possibilité de ressentir la complexité et la beauté de ce pays.
Maud est en train de faire un nouveau Vlog en grande partie en facecam avec quelques samples de nos quelques expéditions des derniers mois! On aimerait faire plus de vidéos et d'articles mais comme je l'imaginais, le temps passe vraiment trop vite... Alors j'espère que vous aurez apprécié cet article! :D

A très bientôt!
Lilas


♦

* N'hésitez pas à poster vos questions et réactions en commentaire ( '∇') *

dimanche 27 janvier 2013

Et Janvier est passé


... Sans que nous n'ayons eu l'inspiration d'écrire tout nouvel article, mea culpa à nos chers et fidèles lecteurs! Nous souhaiterions vraiment écrire plus souvent sur notre blog bien aimé, mais la réalité nous remet toujours les points sur les "i" : Ici, comme partout ailleurs, le quotidien nous rend souvent patraques, empâtées, et allonge surtout dans ma main le petit poil que je me connais bien. Cela dit, ce n'est pas l'unique raison : Il y a aussi cet aspect perfectionniste en moi qui m'empêche de poster un article trop court, ou avec trop peu de contenu. Jusqu'ici je n'ai pas su m'y résoudre mais ce ne serait pas une si mauvaise idée! Quelques face cam' seraient intéressants par exemple! Dans ce cas je vous propose de nous poser quelques questions sur la Corée, quelles qu’elles soient, et nous en ferrons une vidéo dans laquelle nous y répondrons :)

Nous sommes le 27 Janvier et nous sommes arrivées à la dernière ligne droite de nos cours. L'examen final se déroulera le 8 Février, ce à quoi s'ensuivra notre libération! Malgré cette joie toute proche, les cours nous ont permis de pratiquer quotidiennement et intensément le coréen, ce qui va cruellement nous manquer. En effet, comme je l'avais déjà lu sur de nombreux forums, l'oral est très privilégié à HUFS, et je pense en effet que c'est un excellent moyen de progresser. A tout ceux qui souhaitent évoluer dans une langue, un seul mot : La pratique! Et c'est un réel bonheur que de pouvoir prendre confiance en soi, parler sans s'arrêter, écouter et comprendre sans douter. Ce que l'étude de la langue me procure ici m'a fait plus progresser en 2 mois que ne l'a fait mon apprentissage autodidacte en 2 ans.

Avec la classe de Lilas lors du génialissime spectacle "Bibab"

Je me dois de m'arrêter sur un point : la compréhension. Si je connais certains vlogeurs (tels que Simon et Martina d'Eat Your Kimchi) étrangers vivant à Seoul qui, n'ayant jamais appris la langue aiment malgré tout ce pays comme le leur, je pense cependant que la compréhension de la langue est essentielle si l'on souhaite s'adapter rapidement. Ce n'est pas seulement par confort, ou par peur des malentendus, mais parce que cela évite ce sentiment de gêne, de malaise dû au fait que tout le monde se ressemble et parle la même langue et pas nous. Comprendre la langue permet de percevoir les différents modes de communication, les différentes attitudes... Et nous permet de nous ramener à une réalité bien simple : Celle que nous n'avons rien de différent avec ces têtes aux cheveux d'ébène. On croit cela une évidence, mais au quotidien nous semblons souvent très différents, et la maîtrise de la langue empêche de tomber dans la peur et la méfiance vis à vis de cette différence.
Ensuite bien sûr, la langue ne suffit pas pour tout comprendre et c'est l'étude de la culture qui s'occupe du reste. Mon étude personnelle mais également tout ce que nous avons appris sur la société coréenne nous ont amenées à mieux comprendre comment fonctionne la Corée et les coréens dans cette société.

L'histoire de la Corée y a beaucoup contribué. En effet, même si beaucoup de coréens rechignent à apprendre l'histoire de leur pays (interminable et truffée de détails complexes), j'ai tout de même remarqué qu'elle constitue un point essentiel dans la fierté du peuple coréen. Après en avoir appris une partie, ma vision de la Corée a été tout autre. Je vous conseille fortement de vous rendre sur la page ci-jointe du site Regards sur la Corée qui m'a été d'une grande aide dans mon but d'en savoir un peu plus sur l'histoire sud-coréenne. La période qui m'a le plus marquée est celle de l'après-guerre. C'est en effet une reconstruction et une métamorphose tout à fait inimaginable, dans sa rapidité et sa violence qu'a connu la péninsule depuis le début de la colonisation japonaise en 1910.

Années 20, Daegu, Musée du poète national Lee Sang Hwa (이상화)

A tout ceux et celles qui se rendent à Séoul en voyage au pour un long-terme, si vous ne l'avez encore jamais entendu, après la guerre la Corée n'était qu'un champ de ruines, et est restée pendant plus de quarante ans un pays défavorisé. Il faut savoir se souvenir de cela lorsque l'on regarde Séoul. Prendre conscience de l'acharnement que cela a été de tout reconstruire, et que cela a coûté la vie à nombre de coréens. Je suis tombée par hasard la semaine dernière sur le Flickr de Bill Smothers, un américain d'une soixantaine d'années ayant vécu à Séoul comme expatrié lors de son enfance. Je vous conseille fortement de jeter un coup d'oeil à ces photos hallucinantes pour ceux qui, comme nous, vivons à Séoul. Je pense que c'est très important de se souvenir de ça lorsque l'on met un pied en Corée.
Personnellement, notre admiration pour ce peuple s'est décuplée, et leur courage, leur dignité nous émeuvent beaucoup.


Je voulais faire un petit point vis à vis des études! Car oui, à partir de maintenant Lilas et moi allons devoir faire (de nouveau) nos voeux Post-Bac pour la rentrée 2013. Même si je ne me suis pas encore décidée à ce sujet, en vivant cette année à l'étranger je me demande vraiment pourquoi beaucoup de profs sont réticents lorsqu'ils entendent le terme de "Gap Year". Pourtant très populaire au Danemark et en Norvège (pays qui je crois, ont tout compris sur beaucoup de sujets x)), notre pays semble souvent conservateur à ce sujet. Une "Gap Year" n'est pas seulement une année à l'étranger pendant les études. C'est pour beaucoup de gens une année de transition entre l'enfance et l'âge adulte, ou plutôt l'âge indépendant. En étant ici, je me suis souvenue de nombreux moments de ma vie auxquels je ne pensais plus, même certains de ma petite enfance. Cela m'a ramenée à pourquoi et comment étais-je devenue la personne que je suis aujourd'hui, qu'est-ce que je voulais vraiment faire de ma vie, et dans quel but? Ici, à l'écart de la société dans laquelle j'ai grandi, dans un pays où je suis une étrangère, je ne subis aucune influence extérieure et cela aide énormément pour en savoir plus sur soi-même. En revenant en France, je pense pouvoir affronter la vie étudiante avec beaucoup plus d'assurance et de facilité. よしゃ! :D

Maud

♦

* N'hésitez pas à poster vos questions et réactions en commentaire ( '∇') *

mardi 25 décembre 2012

Au beau milieu de l'hiver

Nous sommes le 25 Décembre, Joyeux Noël à tous et à toutes! 
ヽ(● ´ ー ` ●)/☆彡


Cela fait un mois qu'on a pas donné de nouvelles sur le blog (ㅠㅠ). Honte à nous! Les raisons de cette longue absence (dont nous nous excusons platement) ont été nombreuses et nous comptons dès maintenant reprendre un rythme habituel. Voici donc la toute première raison : les cours. Nous étudions à Hankuk University of Foreign Studies soit 한국외국어대학교 comme certains d'entres vous le savent déjà. HUFS, c'est une toute jolie petite université située à Imun-dong, l'un des districts de Dongdaemun. C'est l'institut des langues étrangères le plus préstigieux de Corée, équivalent de l'INALCO à Paris. L'ambiance y est chaleureuse, vivante. Nous étudions à l'Institut de la Langue et de la Culture Coréenne. Pour ce qui de ma classe, sur treize élèves on peut compter onze nationalités, et c'est de toute évidence vraiment enrichissant !

Une petite photo trouvée sur Internet pour donner une idée :)

Le seul souci étant que, jusqu'au 15 Décembre, nous vivions dans une Guest House à Achasan, soit à 35 minutes de la Fac en métro avec les transferts. Les cours commençant à 9H, il a fallu courir tous les matins, chercher d'autres itinéraires qui, parfois, ne fonctionnaient pas. Nous nous sommes donc retrouvées plusieurs fois à chercher un taxi à 8h40 par -13.

Nous étions à force si épuisées que nous avons passé beaucoup d'après-midi à dormir. En gros, ça nous a fait perdre beaucoup de temps et beaucoup d'énergie.
Ce problème additionné au prix exorbitant d'un mois en Guest House, nous avons évidemment décidé de changer de logement.
Le site seoul.craigslist nous a aidé à y parvenir et nous avons trouvé un petit Oneroom à Anam-dong, près de l'Université Korea (고려대학교), soit à 15 minutes en bus de HUFS. Un petit nid douillet bien plus pratique et qui nous permettra dès lors de reprendre une vie plus active.
Pour le moment, notre quotidien s'est cantonné à avaler des litres de chocolat chaud, des tonnes de cheese cakes et de butter breads, et je risque d'en prendre un coup la prochaine fois que je monterai sur une balance, c'est certain :D Quoi qu'il en soit, nos petits plaisirs de la vie de tous les jours s'installent. Si je dois rajouter un petit conseil pour ceux qui s'ennuient et qui ne l'ont pas encore vu : Le Hobbit, de Peter Jackson, surtout pour les amateurs du Seigneur des Anneaux. Un film fabuleux! :)


Comme évoqué plus tôt, il a fait très très froid ces jours-ci à Seoul, et les premières neiges sont tombées le 5 Décembre. L'ambiance de Noël est donc là pour de bon à la capitale. Et cela va des guirlandes aux immenses sapins illuminés, aux chansons de Noël des années 50 aux auto-collants en forme d'étoiles sur les vitres des cafés. Peut-être dû à son aspect plus commercial que familial ici, j'ai l'impression que le "cliché" de Noël est plus présent à Seoul qu'en France. Il faut dire que pour les séoulites, Noël c'est surtout une bonne occasion pour bien manger avec ses amis ou passer une soirée très romantique avec sa moitié.


Pour notre part, nous revenons d'un long week-end de réveillon à Daegu, près de notre ami de toujours et de sa famille. C'était un moment très précieux. Ses parents sont d'une générosité profonde, et d'une grande intelligence. Ce que je retiendrai le plus c'est ce que m'a dit sa mère le soir du Réveillon : "Ce qu'il y a de plus précieux, c'est ce que nous partageons, comme cet instant. C'est ce qui compte le plus."
L'espace de quelques jours, les tracas du quotidien, la fatigue, le stress et le manque se sont fait oublier.


Nous avons passé la journée du Dimanche à 경주 (Gyeongju). Nous n'avons pas eu assez de temps pour la visiter véritablement, mais nous avons passé quelques heures à 불국사 (Bulgugsa), un temple bouddhiste ayant été construit au VIIIe sciècle. L'endroit était vaste, les bâtiments encore plus magnifiques par leurs marques du temps. Une lumière toute particulière inondait l'endroit, celle de l'hiver coréen. Un soleil très pâle, très doux. Le vent était glacé, mais cette douceur surpassait la douleur que devait supporter nos visages gelés.




Je vous parlerais bien des élections qui ont eu lieu il y a de cela dix jours, mais demain les cours reprennent et je dois donc clore cet article. Malgré cela, il me reste encore beaucoup de choses à raconter sur les divers expériences que nous avons eu ce mois passé, mais également sur celles qui sont à venir. 
Pour tout ceux qui nous sont fidèles, merci :) Et à très bientôt!

Maud

♦

* N'hésitez pas à poster vos questions et réactions en commentaire ( '∇') *

dimanche 25 novembre 2012

Notre premier VLOG ヾ(@°▽°@)ノ





Enfin, la première vidéo de notre Vlog est uploadée :)
Nous l'avons consacrée à un quartier que nous venons à peine de découvrir, Buamdong (부암동).
N'hésitez pas à regarder la vidéo sur Youtube,
elle est dispo en Full HD avec sous-titres en français en sus (^ - ^)
On vous laisse découvrir, en espérant que ça vous plaise !!!



♦

* N'hésitez pas à poster vos questions et réactions en commentaire ( '∇') *

mercredi 21 novembre 2012

L'automne, 가을.



Lee Wal Jong (이왈종) à la Daegu Art Fair

Le temps passe à grand galop et nous n'avons pas trouvé le temps ces dix derniers jours pour écrire un nouvel article :( Nous nous sommes installées pour de bon, et le mal du pays passe petit à petit. On découvre une nouvelle vie quotidienne, de nouveaux repères. On reprend l'habitude de parler en coréen, on regarde, on observe ce qui se passe autour de nous.
Seoul est une ville tellement riche en monde et en animation qu'il est facile de surprendre quelques scènes de vie. Comme la semaine dernière encore, dans le métro. Devant les portes, un jeune garçon, un bouquet de fleurs à la main. A côté de lui, une jeune fille pioche une fleur au hasard avant d'entrer dans la rame en lui gardant le dos tourné. Même les portes refermées, le garçon est resté là, avec son petit bouquet de fleurs, et s'est mis à courir après le wagon lorsqu'il s'est ébranlé.


Le 16 Novembre, nous sommes parties rejoindre un ami à Daegu pour y passer quelques jours. Cette ville me manquait, et je voulais retrouver la montagne Palgong, la famille de notre ami et la chaleur de son foyer. Nous nous sommes rendus au Sanctuaire de Shin Sung Gyeom, un grand général de la Période Goryeo. L'endroit était paisible, plus calme qu'aucun recoin de Seoul. Je me suis surprise à sentir l'odeur des pins et du vieux bois des maisons anciennes. L'air pur, comme on ne peut pas le sentir à la capitale. Les bâtiments avaient été repeints il y a peu, et les couleurs jaunes, rouges et bleues des grandes portes étaient magnifiquement vives. Les tuiles des toits, la mousse, le vieux gardien qui nous a gentiment ouvert quelques portes pour qu'ainsi on puisse mieux découvrir l'endroit. Le panorama épuré, simple et parfait. J'aime ce visage de la Corée.



Bien que le fantasme de la métropole d'Extrême Orient, ses néons et la musique qui explose de toutes parts m'aient toujours fait envie, une fois rentré chez soi et l'excitation passée, j'ai vite réalisé qu'il ne reste plus rien que beaucoup de fatigue. Lorsque l'on sort de ce Sanctuaire ou que l'on redescend la montagne Palgong, quelque chose a changé en soi. Je sais que je n'oublierai pas ces instants-là.

Le soir venu, nous sommes allées regarder le film "늑대소년" (Le Garçon Loup) de Jo Seong Hee. Le synopsis paraît simple mais il existe une réelle profondeur à ce film. La mise en scène, l'esthétique et par-dessus tout le jeu des acteurs sont si bien travaillés qu'on en ressort tout chamboulé. Je le conseille à quiconque aime Park Bo Young ou Song Jung Gi (les acteurs principaux du film) qui sont particulièrement talentueux dans cette oeuvre. Une partie de l'équipe du film est venue saluer et remercier le public à la fin du film. Song Jung Gi, en particulier grâce à son rôle dans le très populaire drama "착한남자" (Nice Guy), a vu sa popularité triplé cette année. Et comme il était présent, la salle était bondée de fans en délire, et je vous assure, je n'aurais jamais pu imaginer qu'on puisse être aussi hystérique. Même certains membres de l'équipe devaient se boucher les oreilles pour éviter que leurs tympans n'explosent. Song Jung Gi est donc arrivé comme un prince entouré de dix gardes du corps, et la sécurité était renforcée ce soir-là au cinéma. Il était très calme et fair-play  c'était très agréable de pouvoir le voir de près après une si belle interprétation. J'aurais aussi aimé voir Park Bo Young, absente ce soir-là, qui pour moi était dans ce film de loin aussi bouleversante que son homologue masculin.


Tout ça pour dire que la vie est douce en Corée. Intense à Seoul, paisible à Daegu. Mais toujours douce. On profite des derniers instants d'automne, car l'hiver va être rude ici, comme chaque année. Il neige beaucoup et les vents sibériens glacent tout sur leur passage. Autant dire qu'il va falloir se couvrir. D'ici là, on contemple les dernières feuilles. Au pied de la Montagne Palgong (팔공산), la route était bordée de milliers d'arbres jaunes et rouges comme jamais on en avait vus. Notre ami en plastifiées plusieurs pour nous. Comme il l'a dit "Comme ça, vous pourrez les garder éternellement".



C'est tout pour aujourd'hui, mais je vous laisse en cadeau une petite création de notre part,
avec pour mélodie "One For You" de DJ Okawari :)

Maud

♦

* N'hésitez pas à poster vos questions et réactions en commentaire ( '∇') *

dimanche 11 novembre 2012

Une journée en Corée


Hier c'était notre deuxième jour, et ce fut un véritable moment de retrouvailles avec la Corée qu'on aime. Nous avons commencé l'après-midi par un passage à Beans & Berries (que conseillait GyopoKeith sur seoulistic.com), une chaîne de coffee shop spécialisée dans les glaces et les 빙수 (Bingsu), dessert traditionnel coréen composé de glace et de lait condensé sucré habituellement accompagnés de pâte de haricot rouge, mais qui se décline avec divers fruits (un délice!).



Accompagnées d'amis de longue date, nous nous approchons d'un restaurant réputé pour son 족발 (Jokbal, pied de porc). Ça surprend un peu au début mais c'est assez courant en Corée, que ce soit un petit resto à l'allure modeste ou un grand restaurant, certains ont une notoriété telle qu'il faut attendre au moins vingt minutes pour avoir une table. Ce fut le cas de ce restaurant, logé au milieu d'une petite rue étroite.


Il est certain que si je devais donner une couleur à la Corée, ce serait la couleur d'une lanterne au milieu de la nuit. Elle s'accorde parfaitement avec les Gingkos et les peupliers aux feuilles feu et sang d'un vif aveuglant. Avant de se rendre à Cheonggyecheon pour le Festival des Lanternes, nous avons choisi de faire un petit détour à 덕수궁 (Le Palais Deoksu). Les couleurs du palais et des arbres s'accordaient à ravir dans la pénombre, et les lumières qui émanaient du palais donnaient cette ambiance tamisée, tellement chaleureuse :) On vous laisse une petite idée...


Petite parenthèse pas très glamour à propos des Gingkos : leurs noix qui tombent des arbres sont un réel trouble à l'ordre public! Dès lors que l'on marche dessus et que leurs coquilles explosent, une odeur infâme s'en dégage. A s'en souvenir si rendez vous galant x)

Nous étions très impatientes de voir le Festival des Lanternes jusqu'à ce que l'on aperçoive une foule de plusieurs milliers de personnes amassés par centaines sur les bords de la rivière. On s'est contentés des quais qui bordent  celle-ci, et c'était tout aussi ravissant. Si l'occasion se présente, on tentera de s'y rendre beaucoup plus tôt et de faire une petite vidéo de près pour l'occasion! En attendant, une petite photo :)


La soirée se termine paisiblement avec, cependant, un avertissement de mon amie. Le regard sombre, les yeux dans les yeux "Demain, ne sors pas". Mais que pourrait-il arriver demain? Ce si joli dimanche, le 11 du mois de Novembre. Tiens donc... 11/11... Mais oui! Aujourd'hui, c'était le fameux Pepero Day! La Saint-Valentin coréenne créée par l'entreprise Lotte afin de promouvoir leurs petits Mikado coréens. Ceux-ci étant en forme de 1, cet évènement a donc lieu chaque année le 11 du 11ème mois de l'année depuis 1983.
Les supérettes, bourrées à craquer de Pepero pour elle, pour lui. Des petits, des grands, des packs entiers de Pepero! Des Ferrero Rocher entourés de petits coeurs roses... Adorable!

C'était sans compter les hordes de couples qui défilaient dans les rues. Des centaines de milliers pour ne pas dire plus! A croire que tous les célibataires de la ville s'étaient barricadés chez eux (je ne mettrai pas cette hypothèse de côté, je vous assure). Bref, c'était tout mignon tout dégoulinant d'amour.
Pendant ce temps, nous sirotions nos limonades (oui, encore) dans le premier Cafe Bene qui nous soit tombé sous le nez. Une belle mélodie attire mon attention (il faut dire que la sono était si forte que je n'avais pas trop le choix). En recopiant les paroles que j'entends, je retrouve la chanson : 이러지마 (Please, don't) de K.Will.


Je la poste car de l'avoir découverte le jour des couples me fait sourire. Il suffit de regarder l'intégralité du clip et se laisser surprendre. Cette fin si inattendue a amené un bon nombre de MV Reviews hilarants sur Youtube. 
En effet, ce clip laisse entrevoir un scénario on ne peut plus typique : Un garçon se désespère de voir la fille qu'il convoite au bras de son meilleur ami. Drame absolu, bouhou, on connaît la chanson. Jusqu'à ce que les dernières secondes du MV se déroulent, et que l'on comprenne indéniablement que l'intrigue est tout autre.

En observant mieux le clip, tout le sens de la fin se met en place. La fille est en réalité la personne qu'il souhaite croire aimer, alors qu'il est profondément entiché de son meilleur ami. Et alors que je croyais ce clip ennuyeux, j'ai découvert un travail de maître! Impossible de se douter de la réelle intrigue, bien plus profonde et émouvante. Ce qui me surprend beaucoup, c'est de voir un clip de K-POP aborder un tel sujet quand c'est aussi tabou en Corée. Si le cinéma coréen ou quelques dramas ont pu aborder le sujet, je n'avais jamais vu auparavant quelque chose d'aussi populaire qu'un MV l'évoquer. 
Il faut croire que même ce genre de choses peuvent évoluer en Corée !

Maud

♦

* N'hésitez pas à poster vos questions et réactions en commentaire ( '∇') *

vendredi 9 novembre 2012

The Beginning



Nous sommes enfin en Corée du Sud! Censées partir le 6 Novembre, quatre délicieuses heures coincées sur le périph' parisien nous ont empêché d'attraper notre avion, à notre plus grand ravissement. Une fois le vol modifié, nous étions prêtes le Jeudi qui suivit. Direction SEOUL INCHEON et plus de dix heures d'avion à la clé. C'était long, très long, mais nous y sommes parvenues. Le plus bel instant de notre voyage : Le lever de soleil au-dessus de Pékin et le petit matin sur la Corée.


Partir n'était pas facile, mais se retrouver là-bas et savoir y être pour longtemps l'a été encore moins. Arrivées à l'aéroport, nous avons loué un téléphone chez LG en attendant de recevoir nos Alien Card (équivalent de la carte de résident étranger) et de pouvoir prendre un forfait local. 
Alors que nous pensions à un moyen de parvenir à notre Guest House, six ou sept 아저씨 (Ajeosshi  : hommes d'âge mur) nous ont harcelées tour à tour pour nous convaincre de prendre leurs taxis, un petit sourire séducteur aux lèvres (charmant). Le malaise s'installe et on s'empresse de sortir pour attendre notre Limousine Bus ; Les Limousine Bus ce sont des cars qui sillonnent Seoul pour déposer les gens qui viennent d'Incheon. C'est pas cher du tout et bien pratique! ; La fraîcheur est bien là à l’extérieur, et on se félicite de s'être bien couvertes. Les chauffeurs nous aident gentiment, et c'est parti pour 40 bonnes minutes de trajet. Je n'ai pas de photos de ce moment-là,  puisqu'au bord de l'évanouissement, mais nous avions une très jolie vue sur Seoul, sur les arbres d'automne aux couleurs vives et sur le bras de mer qui sépare Incheon de Seoul. Une fois descendues du bus, nous pensions notre calvers terminé. Que neni ! Les bras en sang, on tente vainement de tirer nos valises vers le métro pour pouvoir parvenir à notre logement. Mais une gentille dame nous arrête et nous demande où est-ce que nous souhaitons nous rendre.


Je lui explique, et elle s'empresse de nous convaincre que nous devons prendre un taxi plutôt que le métro. Sans attendre, elle se jette sur la voie et arrête un taxi avant de balancer nos valises à l'arrière d'une main (ou presque). Elle nous fait comprendre qu'il n'y a pas de place dans le coffre. Sans avoir vraiment le choix, je m'installe à l'arrière, sur les quelques centimètres de banquette que me laisse encore ma valise, la tête collée sur le siège du conducteur (confort absolu). Lilas, pendant ce temps, s'installe paisiblement à l'avant. Une fois arrivées devant la Guest House, un joli escalier d'une vingtaine de petites marches nous attend encore. Une fois en haut, le supplice prend fin et le staff nous présente la Guest House qui ressemble vraiment plus à une belle résidence étudiante. Je vous donne son nom : PHIL HOUSE. Notre chambre est lumineuse, spacieuse, avec tout le confort moderne. On est ravies, et plus épuisées qu'on ne l'a jamais été.


C'est à ce moment qu'on réalise qu'on y est. Et en même temps, on ne réalise rien du tout. La Corée qu'on découvre désormais est différente de la première qu'on a connue il y a un an et demi. On voit les choses différemment. Une autre facette de la Corée, de nouveaux paysages. On se sent loin, vraiment loin, et pas tout à fait à l'aise. C'est comme si c'était la première fois qu'on y était. Je comprends maintenant qu'il va nous falloir plusieurs semaines pour nous adapter. Je comprends aussi que même en connaissant très bien la Corée, y vivre et s'y sentir bien, c'est une tout autre chose, et ça prend un certain temps.

A l'autre bout du monde, nos amis évoluent en passant par des stades différents des nôtres. En commençant par des études dans leur propre ville puis, une fois habitués à la fac, prennent un appart' et commencent à s'habituer à l'indépendance. Nous, en partant, on s'était dit que l'indépendance là-bas serait plus facile à prendre que chez nous car pleins de choses à faire, et pas le temps de trop réfléchir. Mais ça s'avère plus difficile que prévu. C'est bien plus brutal, plus soudain. Mais c'est le choix qu'on a fait, et il faut prendre sur soi. On envisage la suite avec le plus d'optimisme possible, et il est certain que l'avenir nous promet beaucoup de choses inattendues. En attendant, on reprend nos marques avec les cafés coréens et ses délicieuses 레몬에이드 (limonades).


Maud

♦

* N'hésitez pas à poster vos questions et réactions en commentaire ( '∇') *