Petites péripéties d'un séjour en Asie de l'Est
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lundi 2 septembre 2013

Retour à la vie française



L'automne est bientôt de retour.  

Il y a un an, Lilas et moi nous préparions doucement à notre départ de Corée, pleines d'impatience et d'excitation. Avec des valises pleines à craquer, nous sommes revenues en France le cœur léger. Si la semaine qui a précédé notre départ a été longue en adieux et en rangements en tout genre, les deux derniers jours sont passés comme une flèche. La veille de notre départ, nous avons revu l'un de nos meilleurs amis. Après un petit italien, deux heures au Coffine Gurunaru du coin, nous nous sommes dit "A demain" avant le grand départ où il nous accompagnait (et c'est peu dire, vu l'aide qu'il nous a procuré ;)). Une fois dans le Maeul Bus (마을버스, bus de quartier), nous nous sommes retrouvées seules. Nos visages n'étaient illuminés que par les lumières de la ville, au dehors. Le chauffeur avait laissé sa musique allumée assez fort, comme ça leur arrive souvent.

Daegu sous la neige, Janvier 2013

  Comme lors de ces matins glaciaux de l'hiver où, agrippée fermement aux poignées du plafond, je trouvais réconfort dans les mélodies qui s’échappaient de la radio du chauffeur. C'était souvent de vieilles chansons. Les Beatles ou encore Park Sang Min (박상민). Au dehors, un paysage blanc où la lumière du jour n'avait pas encore émergée. Le sommet des buildings à peine distinguables dans la brume. Le même sentiment m'envahit ce soir du 11 Juillet, alors que la nuit avait envahit ce même ciel. Mais cette fois, c'était la voix suave de Frank Sinatra qui caressa nos oreilles, avec son titre phare "My Way". Mon cœur s'était alors envahit d'une grande émotion, sans la moindre once de tristesse ou de détresse malgré mon départ imminent. Seulement la nostalgie, de ces jours passés ici, et l'affection toute particulière que j'avais développée pour ce paysage urbain qui pourtant ne me ressemble pas. La reconnaissance, aussi, envers mes amis mais aussi envers les gens, n'importe lesquels, avec qui nous avions pu échanger un regard, un sourire. Tout ceux qui m'ont poussés vers l'idée qu'en le voulant un peu, nos idées et nos sentiments n'ont pas de frontières.
Cela me rappelle les paroles de la chanson "Métis" de Gaël Faye : "Quand deux fleuves se rencontrent, ils n'en forment plus qu'un ; Et par fusion nos cultures deviennent indistinctes. Elles s'imbriquent et s'encastrent pour ne former qu'un bloc d'humanité." Le temps passé là-bas n'était pas tant un voyage d'initiation, une expérience, qu'une tranche de ma vie plus intense que les autres. J'étais là-bas comme chez moi.


  Sept semaines plus tard, nous sommes sur le point de commencer une nouvelle aventure, mais cette fois bien plus près de chez nous. Nous sommes inscrites en Licence de Japonais et en DU de Coréen à l'Université Montaigne Bordeaux 3! :) Tout est en place, et notre emménagement est imminent. Jusqu'ici, je n'ai pas beaucoup repensé à toute cette année car il a fallu que je reprenne mes marques. J'ai retrouvé ma famille, mes amis, le bord de mer, mes chats, ma petite maison. Et mon cher quotidien bien français. J'ai réalisé que là-bas, j'étais parfois très angoissée par toutes les responsabilités du quotidien, les changements de logement, l'organisation de tout (il faut dire que je suis facilement stressée!).

  Il y avait aussi cette pression que je m’infligeais pour trouver des activités qui pourraient enrichir mon expérience professionnellement, par peur des jugements que certains accordent aux années à l'étranger en solitaire. Une fois rentrée chez moi, me léchant les babines devant un bon plat, entourée de tout ce qui m'est cher et familier, j'avoue avoir pris du plaisir à relâcher la pression. Ici, le ciel est très bleu, et je me rappelle les mots de mes amis coréens à ce propos. "Le ciel est haut", qu'ils me disaient. Et je ne sais pas si c'est parce que, mon rêve, notre rêve à Lilas et moi est désormais accompli. Oui, c'est peut-être pour ça que le ciel me paraît plus vif. C'est maintenant une autre destination qui s'offre à nous, la suite de l'histoire. Car je le dis avec joie, tout reste à faire!



En complément, cette vidéo de ma création (à regarder en HD), si précieuse à mes yeux car elle peut illustrer tous les articles de ce blog à la fois. C'est un voyage, une partie de notre vie que nous partageons dans cette vidéo. Ces petits instants de rien qui font toute la beauté d'un souvenir. En espérant qu'elle vous plaise! 

Maud



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jeudi 30 mai 2013

Une semaine de Home Stay à Takamatsu (高松市)



De retour sur notre long périple au Japon :)

C'est après avoir quitté Kyôto que nous avons rejoint en train la ville de Takamatsu. Pour ce faire, nous avons traversé le grand pont qui sépare l'île de Honshu de celle de Shikoku, plus au sud. C'est là-bas que nous avons passé la première semaine du mois d'Avril.
Il était important pour nous d'en parler ici, car ce fut sans aucun doute l'une des semaines les plus spéciales que nous ayons passé depuis notre départ de France. Cette particularité se tient au fait que cette semaine, nous l'avons passé dans une famille japonaise. Cette opportunité nous a été donnée par la mairie de notre ville, jumelle à la ville de Takamatsu. Après avoir nous-mêmes accueillie une étudiante japonaise, Ayaka (devenue une très bonne amie en Août dernier) la ville nous a donné en signe de reconnaissance la possibilité d'être hébergée dans une famille d'accueil à Takamatsu durant notre voyage au Japon. Une chance que nous n'aurions laissée passer sous aucun prétexte!


Notre famille était composée d'un jeune couple, Yoko & Masa, et de leurs deux petits garçons, Kyle & Sail. Yoko étant professeur d'anglais, nos lacunes en japonais n'ont pas été un problème si ce n'est une honte lorsque les petits nous assaillaient de questions auxquelles je ne savais pas bien répondre. Cela n'a pourtant pas fait barrière au lien étroit qui s'est créé entre nous tous, presque instantanément. Dès notre arrivée à la gare, nous sommes partis faire des courses pour acheter de quoi manger... Sous les cerisiers! Si à Kyôto ceux-ci commençaient tout juste à fleurir, ceux de Takamatsu étaient tout en beauté et en couleurs. Notre premier Hanami (花見), donc, pour de vrai.



Les journées s'écoulaient comme ça, dans notre famille : un petit déjeuner en vitesse, et puis l'on se concertait rapidement sur le programme de la journée. Mais cela n'avait que peu d'importance, car en réalité les moments les plus simples étaient ceux qui nous rapprochaient le plus. Jouer avec les garçons, leur tenir la main, chanter dans la voiture...
Nous discutions sans cesse avec Yoko de tous les sujets possibles, pendant que Masa et Shûta (le charmant cousin des petits) nous écoutaient dans un silence religieux. Ces petits instants fragiles et précieux que l'on partage d'habitude avec ses proches, sa famille, nous les partagions avec eux comme si nous nous connaissions depuis toujours. Même sans toujours se comprendre, nous riions beaucoup, chantions, jouions dès que nous en avions l'occasion. A la tombée de la nuit, le grand lac près de la maison reflétait les couleurs bleutées du ciel, l'horizon sans rien pour l’encombrer.




Dans le centre de la ville, nous avons pu visiter le Parc Ritsurin (栗林公園). On m'en avait dit beaucoup de bien mais je n'en attendais pas tant. Du genre "le rêve nippon", les estampes, tout le tralala, mais en vrai. Les pins, de mille variétés, un grand lac bleu-vert, une petite plage avec patio traditionnel, un pont rouge et une jolie grue pour se poser au milieu de tout ça. Que dire.
Le jour suivant nous avons retrouvé Ayaka et Takahiro, nos amis depuis notre rencontre à Tours l'été dernier. Nous nous sommes promenés autour du port de la ville. Au fond d'un vieux hangar, un petit café original, des boutiques de design et quelques friperies. Une fois dans la voiture, un petit coup d’œil vers la mer en écoutant ensemble "Therru no Uta".




Les jours passaient trop vite. Les petits étaient déjà devenus nos petits frères, Shûta un fiancé potentiel, Yoko et Masa de réels amis. Mais il fallait bien envisager la fin de ce séjour. Nous avons fait un tour tous ensemble au centre des dauphins de Takamatsu. En plein air, une surface flottante nous emmenait jusqu'aux dauphins. Au bord de l'eau, au soleil, nous pouvions les caresser s'ils se rapprochaient un peu. Revenus sur la terre ferme, nous nous sommes mis à la recherche des Uguisu qui chantaient dans la montagne.


Au matin du dernier jour, nous tentions de garder la bonne humeur, mais les garçons ne pouvaient pas s'empêcher de tirer des mines d'enterrement. On a du s'y mettre à plusieurs pour pouvoir les dérider un peu! Avant de se rendre à la gare des bus, un petit crochet au Pachinko pour prendre un joli Purikura tous ensemble. Et puis, à la gare, Ayaka était venue aussi. Au moment de se dire au revoir, mon cœur me faisait si mal que je ne pouvais pas retenir mes larmes. Les petits pleuraient aussi, ça c'était le pire. Il a fallu garder le sourire, les embrasser tous en leur promettant de revenir l'an prochain. Et puis le bus est parti à toute berzingue, sans que je puisse oublier les derniers mots de Sail : 「またきてね。」

"Vous reviendrez, hein?"


Maud



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lundi 13 mai 2013

Japon, première rencontre : Kyôto (京都)



Nous sommes arrivés au Japon un beau jour de Mars, le 28 exactement, en fin d'après-midi. Mes premiers pas au dehors d'un bâtiment fut ceux que je parcourus hors de la gare de Kyôto, pour rejoindre la voix des taxis. La nuit était déjà tombée, et c'est avec un visage tout en lumière et tout en modernité que Kyôto m'est apparue pour la première fois. Les lumières de la gare luisaient sur la carrosserie noire et lisse des taxis japonais, si élégants dans leur look des années 50. Le moteur démarre, et le paysage de nuit défile sous mes yeux. La rive du fleuve Kamo et les restaurants illuminés sur la berge, et puis, la petite maison qui a accueillis.

Au premier matin, je me suis levée de mon futon pour aller jeter un coup d’œil au petit balcon de notre chambre. Le vent soufflait paisiblement sur les petites maisons de notre quartier. J'entendais des enfants jouer dans la rue adjacente, un chien aboyer au loin, un uguisu chanter. Dans le lointain, et tout autour, la montagne verdoyante. Ses arbres touffus que le vent fait danser. Ce paysage, c'est celui que j'avais attendu de voir depuis si longtemps.



Cette semaine à Kyôto fut mémorable pour ses découvertes. Culinaires, d'abord : nous avons pu goûter aux mets de l'île d'Okinawa, au Sukiyaki qui me manque déjà terriblement, et puis bien sûr les sushi et autres sashimi que nous avons dégusté en grand nombre. Et puis, il y a le centre de la ville, ses nombreuses galeries marchandes mais surtout ses petites rues où l'on se faufile pour découvrir une rivière, un temple shinto, ou encore une suite de petits restaurants. Le Japon est un pays où il est bon de se perdre. C'est ainsi que l'on peut découvrir son charme réel, celui que les mots ne peuvent que brièvement exprimer.
J'avais pourtant vu une centaine de reportages, des dizaines d'articles qui vantaient avec passion la singularité de ce pays, la splendeur de ses paysages, la magnificence de ses temples. Mais le voir est une tout autre chose.






"Renversant de beauté". C'est ce que j'ai répondu aux gens qui me demandaient à quoi ça ressemblait, la province japonaise. Nous avons passé une journée à Nara, ancienne capitale du Japon, et plus particulièrement au grand parc du Todaï-ji, connu pour son Grand Bouddha et les nombreux cerfs shika qui s'y promènent en liberté. Le Todaï-ji, donc, est un immense temple bouddhiste dont la construction débuta en l'an 752. Il est divisé en plusieurs "salles", donc le Nigatsu-dô ou encore la Salle du Grand Bouddha, qui comme son nom l'indique, abrite un Daibutsu-den dont la taille atteint presque quinze mètres.





Que ce soit à Nara ou à Kyôto, j'avais toujours ce sentiment délicieux que peu importe où je posais les yeux, j'aurais pu en faire une peinture. Ce que pour les habitants peut paraître d'une banalité sans nom, était pour ma famille et moi un régal pour les yeux et pour le cœur. Pourrais-je expliquer la fascination que ce pays suscite par l'exotisme qu'il renvoie, ou par quelque chose de plus subtil? Je ne saurais trop dire, si ce n'est que la magie opère.

Avant de me rendre au Japon, je craignais d'être déçue. Je ne pouvais que constater l'émerveillement de ceux qui s'y étaient rendus, mais mes attentes étaient si grandes que je redoutais mes premières impressions une fois là-bas. Mais il m'a suffit de quelques heures pour juger par moi-même, et pouvoir confirmer tout qui m'avait été dit sur le Japon : Sa beauté est sans équivoque.




Maud



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mardi 25 décembre 2012

Au beau milieu de l'hiver

Nous sommes le 25 Décembre, Joyeux Noël à tous et à toutes! 
ヽ(● ´ ー ` ●)/☆彡


Cela fait un mois qu'on a pas donné de nouvelles sur le blog (ㅠㅠ). Honte à nous! Les raisons de cette longue absence (dont nous nous excusons platement) ont été nombreuses et nous comptons dès maintenant reprendre un rythme habituel. Voici donc la toute première raison : les cours. Nous étudions à Hankuk University of Foreign Studies soit 한국외국어대학교 comme certains d'entres vous le savent déjà. HUFS, c'est une toute jolie petite université située à Imun-dong, l'un des districts de Dongdaemun. C'est l'institut des langues étrangères le plus préstigieux de Corée, équivalent de l'INALCO à Paris. L'ambiance y est chaleureuse, vivante. Nous étudions à l'Institut de la Langue et de la Culture Coréenne. Pour ce qui de ma classe, sur treize élèves on peut compter onze nationalités, et c'est de toute évidence vraiment enrichissant !

Une petite photo trouvée sur Internet pour donner une idée :)

Le seul souci étant que, jusqu'au 15 Décembre, nous vivions dans une Guest House à Achasan, soit à 35 minutes de la Fac en métro avec les transferts. Les cours commençant à 9H, il a fallu courir tous les matins, chercher d'autres itinéraires qui, parfois, ne fonctionnaient pas. Nous nous sommes donc retrouvées plusieurs fois à chercher un taxi à 8h40 par -13.

Nous étions à force si épuisées que nous avons passé beaucoup d'après-midi à dormir. En gros, ça nous a fait perdre beaucoup de temps et beaucoup d'énergie.
Ce problème additionné au prix exorbitant d'un mois en Guest House, nous avons évidemment décidé de changer de logement.
Le site seoul.craigslist nous a aidé à y parvenir et nous avons trouvé un petit Oneroom à Anam-dong, près de l'Université Korea (고려대학교), soit à 15 minutes en bus de HUFS. Un petit nid douillet bien plus pratique et qui nous permettra dès lors de reprendre une vie plus active.
Pour le moment, notre quotidien s'est cantonné à avaler des litres de chocolat chaud, des tonnes de cheese cakes et de butter breads, et je risque d'en prendre un coup la prochaine fois que je monterai sur une balance, c'est certain :D Quoi qu'il en soit, nos petits plaisirs de la vie de tous les jours s'installent. Si je dois rajouter un petit conseil pour ceux qui s'ennuient et qui ne l'ont pas encore vu : Le Hobbit, de Peter Jackson, surtout pour les amateurs du Seigneur des Anneaux. Un film fabuleux! :)


Comme évoqué plus tôt, il a fait très très froid ces jours-ci à Seoul, et les premières neiges sont tombées le 5 Décembre. L'ambiance de Noël est donc là pour de bon à la capitale. Et cela va des guirlandes aux immenses sapins illuminés, aux chansons de Noël des années 50 aux auto-collants en forme d'étoiles sur les vitres des cafés. Peut-être dû à son aspect plus commercial que familial ici, j'ai l'impression que le "cliché" de Noël est plus présent à Seoul qu'en France. Il faut dire que pour les séoulites, Noël c'est surtout une bonne occasion pour bien manger avec ses amis ou passer une soirée très romantique avec sa moitié.


Pour notre part, nous revenons d'un long week-end de réveillon à Daegu, près de notre ami de toujours et de sa famille. C'était un moment très précieux. Ses parents sont d'une générosité profonde, et d'une grande intelligence. Ce que je retiendrai le plus c'est ce que m'a dit sa mère le soir du Réveillon : "Ce qu'il y a de plus précieux, c'est ce que nous partageons, comme cet instant. C'est ce qui compte le plus."
L'espace de quelques jours, les tracas du quotidien, la fatigue, le stress et le manque se sont fait oublier.


Nous avons passé la journée du Dimanche à 경주 (Gyeongju). Nous n'avons pas eu assez de temps pour la visiter véritablement, mais nous avons passé quelques heures à 불국사 (Bulgugsa), un temple bouddhiste ayant été construit au VIIIe sciècle. L'endroit était vaste, les bâtiments encore plus magnifiques par leurs marques du temps. Une lumière toute particulière inondait l'endroit, celle de l'hiver coréen. Un soleil très pâle, très doux. Le vent était glacé, mais cette douceur surpassait la douleur que devait supporter nos visages gelés.




Je vous parlerais bien des élections qui ont eu lieu il y a de cela dix jours, mais demain les cours reprennent et je dois donc clore cet article. Malgré cela, il me reste encore beaucoup de choses à raconter sur les divers expériences que nous avons eu ce mois passé, mais également sur celles qui sont à venir. 
Pour tout ceux qui nous sont fidèles, merci :) Et à très bientôt!

Maud


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